LE PRISONNIER : une oeuvre allégorique de politique-fiction (French Edition)


Ce travail sur la série créée par Patrick McGoohan, travail qui date du début du nouveau siècle, se donnait pour tâche de montrer que cette série est une série allégorique aux multiples interprétations. Nous avons pris plusieurs exemples de ces interprétations qui peuvent être par exemple d’ordre philosophique, ou artistique, politique, ou psychanalytique ou simplement appartenant au genre « science-fiction ». Répondre à plus d’une interprétation, à travers la forme allégorique du Prisonnier, est une caractéristique rare dans le monde des séries ou du cinéma. Surtout à cette époque : la fin des années soixante qui, comme chacun le sait, furent des années révolutionnaires et pas seulement dans le domaine politique. C’est justement à travers une interprétation proche – de « politique-fiction » – que notre pensée sur Le Prisonnier s’est orientée. La chose a peu été tentée, tirant plutôt le « feuilleton » vers des interprétations « sociétales » comme on dit aujourd’hui, très compatibles avec la société contemporaine mondialisée. Or, l’audace artistique, pour ne pas dire subversive, du Prisonnier ne se retrouve pas complétement dans certaines de ces interprétations consensuelles « modernes ».

La force d’une œuvre, si s’en est une, est de refléter pleinement son temps mais dans le cadre particulier du genre qu’elle prétend construire et défendre. Dans ce sens ce feuilleton répond pleinement à cette caractéristique artistique dont le média était pourtant loin d’être un allié, à savoir la télévision ! Cette idée, qui fut concrétisée par un auteur véritable, comédien et réalisateur, mais ayant sans doute lui-même une vision politique de la société de son époque, a pu être possible grâce à un concours de circonstances qui lui a permis d’élaborer cette forme si singulière que nous avons appelée la forme-Prisonnier.

Il restait, pour qui pense que cette série est « plus » qu’une simple série, de compléter les élaborations de ce premier travail. C’est ce que nous avons fait dans un second livre qui a pour titre : Le Prisonnier, l’appréhension de la liberté.